L'équipe pédagogique

Dossier Enseignant

Rencontre avec Dominic Hofbauer

En tant qu’animateur diplômé, tu interviens pour GAIA dans plus de 300 classes belges chaque année. Quelles animations proposes-tu ?

Comme GAIA est une asso "généraliste" de défense des droits des animaux, nous proposons différents thèmes d’animation :

  • sur la condition animale en général,

  • sur les animaux de compagnie,

  • autour des animaux dans l’alimentation,

  • sur l’histoire de la question animale dans la philosophie (pour le secondaire).

Ces ateliers ont en commun de travailler sur l’enthousiasme, l’action positive, de ne pas livrer un message formaté mais plutôt d’engager la réflexion par une approche ludique et interactive, avec des jeux, des débats, des échanges ... En gros, ces animations cherchent à développer l’empathie et à encourager les comportements attentifs à autrui et aux autres formes de vie.

En Belgique, les programmes officiels des cours de philosophie et de citoyenneté encouragent à "comprendre et protéger la vie", "épargner la souffrance aux animaux" en adoptant une attitude responsable "de leur vie et de leur bien-être". Ils invitent également à "s’engager socialement" et "intervenir dans le débat public". En outre, le programme pour le secondaire nous interroge directement : "Les animaux ont-ils des droits ?"

Pour GAIA, il s’agit ainsi d’accompagner chaque enfant dans sa capacité à encourager, par ses choix quotidiens, une relation aux animaux dénuée de violence et empreinte de responsabilité. Nous espérons y contribuer au mieux : en suivant une approche scientifique documentée, dans un langage adapté, et en phase avec les programmes scolaires. La collaboration et la transparence avec les enseignants est alors primordiale. Une place importante est accordée à l’expression des élèves et à leur propre expérience. C’est toujours un moment très précieux.

Les animations sont proposées pour tous, à partir de 8 ans et jusqu’en université. Que retiens-tu de ces animations ? Comment réagissent les élèves ?

Alors il y a toujours énormément d’optimisme, quel que soit l’âge des élèves. En primaire, il y a chez les élèves une proximité spontanée avec les animaux, qui ne demande qu’à s’exprimer et prendre forme. Je crois que c’est important de montrer que leur sensibilité n’a rien d’"enfantin", que ce n’est pas propre à leur âge, et que ce n’est pas quelque chose qu’ils vont nécessairement devoir abandonner en grandissant.

Par exemple, la personnalité et la sensibilité des animaux de compagnie, dont les enfants sont souvent proches, est une bonne porte d’entrée pour s’interroger sur le sort d’autres animaux dont ils connaissent moins les conditions d’existence (souvent problématiques).

Chez les plus grands, la formule vidéo + débat fonctionne bien, et permet des échanges poussés sur des réalités qu’ils connaissent souvent assez peu aussi. Je précise que les enseignants ouvrent souvent des yeux plus grands que leurs élèves devant les images d’enquête ou devant les prouesses cognitives de certains animaux !

Il y a aussi souvent des témoignages d’élèves qui ont sauvé des animaux, ou vu des reportages qui les ont marqué, bref : des moments forts en émotion,et parfois une vraie envie de s’engager, de participer à leur propre niveau. C’est alors important de leur laisser des pistes raisonnables et réalistes pour aller plus loin et intégrer ces préoccupations dans leur quotidien.

Quels outils ont-ils à leur disposition pour cela ?

Pour les aider à poursuivre la réflexion, nous développons un site www.gaiakids.be, qui est un lieu d’échange sur la protection animale pour le jeune public, ainsi qu’une page GAIA Kids sur Facebook qui est plus destinée aux ados, avec des actus, des vidéos et ... le fameux jeu de l’animal du mois ... On essaie d’en faire une page assez vivante !

Parles-tu du végétarisme en classe, par exemple ?

Pas nécessairement. Dans le cadre d’une animation sur les animaux d’élevage, la question de la mise à mort des animaux vient souvent sur le tapis sans que l’on ait à la provoquer. Je dirais que notre rôle, c’est alors d’accompagner ce questionnement sans être prescriptif, et de présenter objectivement les différentes positions qui existent (manger moins de viande ou être attentifs aux labels, se nourrir sans viande ou sans produits animaux, avec des exemples de plats ou de célébrités engagées, par exemple). Les élèves ont parfois envie de savoir comment je mange moi, alors je leur dis.

Trouves-tu que les enfants sont plus sensibles qu’avant à la question animale ?

J’ai plutôt l’impression qu’il y a un mouvement de fond qui concerne la société tout entière, qui prend progressivement conscience de l’individualité des animaux, notamment via les documentaires télévisés qui vulgarisent les travaux en éthologie et confirment que, comme nous, chaque animal est un individu unique qui est le sujet de sa propre vie, avec une vie émotionnelle, des liens affectifs, une intelligence, une conscience ... et parfois même un sacré caractère ! Bref, ça bouge, et il y a cette question urgente qui occupe une place croissante dans l’opinion : comment la capacité des animaux à souffrir engage-t-elle notre responsabilité dans les différents usages que nous en avons : en tant qu’animaux de compagnie, animaux d’élevage, gibier, animaux de laboratoire, à fourrure, de zoos, de cirque, ... ?

En réponse à cette question, il me semble qu’on est de plus en plus nombreux à se demander comment mieux laisser, dans notre quotidien, s’exprimer les valeurs de paix et d’empathie auxquelles nous tenons tous.

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